L’art du mensonge

L’art du mensonge - Sam Affleck

Je dois vous faire une confidence. Parfois, il peut m'arriver de mentir. Pas des gros mensonges bien sûr, et pas souvent non plus. Et je ne dis pas ça avec une grande fierté. Mais parfois, je crois qu'un mensonge inoffensif peut servir une noble cause.

Je vais donc vous parler un peu de mon dernier méfait, la fois où j'ai dû mentir pour séduire une fille. Je la voyais tous les matins quand je prenais le métro pour aller travailler. Ce fut l'amour au premier regard. Elle était la fille la plus belle que je n'avais jamais vu. Un jour, j'avais remarqué qu'elle portait l'identification de la banque pour laquelle elle travaillait. Je l'ai donc suivi et j'ai noté qu'elle travaillait à l'accueil.

Avec cette information, j'ai décidé de monter une histoire pour la séduire. J'avais décidé de lui dire que j'étais dans le domaine de la gestion de patrimoine. J'avais l'impression que cette profession pouvait peut-être l’impressionner. Donc, j'ai fait des recherches sur Internet au sujet de ce type de travail. J'ai pensé au personnage de Gordon Gekko, des films « Wall Street » et « Wall Street 2 » et j'ai vu les deux films en faisant très attention. J'ai même téléchargé des applications de finances sur mon portable!

Je ne travaillais pas loin de son travail, alors, un jour, je me suis échappé un moment pour aller la voir. Elle était là, à l'accueil de la banque. Je suis entré pour lui poser une question anodine. Le lendemain, nous nous sommes encore une fois croisé au métro et je l'ai approché pour lui dire que je croyais la connaître... Enfin, bref, après quelques nouvelles rencontres matinales au métro, nous nous sommes mis à discuter, je lui ai parlé de mon travail (fictif) et de mon habileté pour les finances, j'ai répété tout ce que j'avais appris de Gordon Gekko (pas avec les mêmes mots, évidemment) et petit à petit j'ai gagné sa confiance. Du fait que je suis méticuleux, je me suis mis totalement dans la peau de mon personnage et j'ai pris l'habitude de suivre les nouvelles touchant à l'économie et les finances afin que rien ne m'échappe !

Passons à la fin de l'histoire : un jour, je lui ai avoué mon mensonge. Je lui ai expliqué que je devais absolument réussir à lui parler. Elle m'a demandé de ne plus recommencer, mais puisqu'elle était heureuse qu'on soit ensemble aujourd'hui, elle acceptait de me pardonner ! Comme je disais... Parfois, pour une noble cause, un tout petit mensonge, n'est pas si grave !