À l'aventure

À l'aventure - Sam Affleck

Visiter un château abandonné, faisait partie de ces rêves que j’avais, mais que je n’avais jamais pu réaliser. L’année dernière, quand mes parents ont offert à ma sœur une automobile pour la féliciter d’avoir eu un emploi infirmière dès la fin de ses études, mon père m’a proposé de me donner une somme d’argent égale à la valeur du véhicule. Comme j’ai accepté, mon compte a été rempli bien plus qu’il ne l’avait jamais été, et j’ai décidé de partir deux mois à l’aventure. Avec ma voiture, j’ai commencé mon périple en mai. Je n’avais pas tracé d’itinéraire et je vivais au jour le jour. Je me suis déplacé dans des lieux sauvages, d’autres très urbanisés. J’ai rencontré des fermiers et des banquiers, des secrétaires et des peintres, des électriciens et des musiciens. Ce fut agréable de côtoyer des personnes de tous les horizons, de voir des paysages grandioses et des sentiers cachés.

Pendant mes pérégrinations, j’ai dormi, un soir, dans la campagne. L’été était chaud et j’avais sorti une table et une chaise. Les étoiles recouvraient la voûte céleste, les chouettes hululaient et une douce odeur estivale flottait. Lorsque j’avais cherché un endroit tranquille pour me reposer, j’avais rencontré un homme, qui était un agriculteur, qui me donna l’autorisation de m’installer sur un chemin, près d’un de ses prés. J’avais aperçu, en m’installant, qu’une ruine était visible en contrebas. La pente descendait brusquement vers une rivière et les murs détruits se dressaient tout à côté d’elle. J’ai même pensé que les constructeurs de cette bâtisse avaient eu une mauvaise idée de s’installer aussi près de l’eau.

Je m’apprêtais à aller me coucher, ce soir-là, quand j’ai vu de la lumière briller au bord du cours d’eau. J’ai songé que des curieux venaient certainement visiter le monument, et je suis parti dans mon lit. Dès mon réveil, à l’heure où le soleil se lève, j’ai fait mes ablutions matinales, bu un thé et dévoré une tartine, puis je suis parti vers les ruines. Je fus surpris de constater que l’habitation était moins abîmée que ce que j’avais pensé. Les fenêtres étaient brisées, mais de longs voiles pendaient, des vestiges de rideaux qui donnaient une atmosphère encore plus impressionnante. Un escalier en spirale, rouillé, car en fer, menaçait de s’écrouler si un pied était mis sur une de ses marches. J’ai photographié ce lieu extraordinaire, ravi d’être venu. Pas un seul de mes clichés n’a fonctionné.