Quand trop, c’est trop

Quand trop, c’est trop - Sam Affleck

Toute personne qui a connu Montréal, sait qu’il fait horriblement chaud dans le métro. Un jour, en rentrant à la maison, il faisait vraiment très chaud. En fait, c’était un jour de grande chaleur, et j’avais tous mes vêtements collés à ma peau. Je prenais directement une douche avant de me réhydrater. Lorsque je me rinçais, je me rendais compte que l’eau avait une couleur plutôt grisâtre. Je pensais à ce moment-là que la qualité de l air ne devait pas être au top. Je me faisais, dès que je sortais de ma baignoire, un pichet de jus de fruit, avec plein de glaçons. Je restais presque toute la soirée sur mon fauteuil, face à la télé, les jambes écartées avec une serviette enroulée pleine glaçons sur la nuque. J’ai toujours pensé qu’étant donné que l’hiver était plus long que l’été, je n’avais pas à faire de frais pour m’acheter un climatiseur. C’était la première fois que je révisais mon jugement. Je décidais, dès le lendemain, de faire quelques recherches sur Kijiji en premier, pour voir s’il était possible d’espérer de m’accaparer d’un climatiseur pas trop cher.

Le premier coup de fil que je donnais en réponse d’une annonce qui n’avait été déposée que depuis quelques minutes sur le site était une offre d’un climatiseur qui datait des années 70. Je n’en revenais pas d’entendre le prix qu’en demandait le bonhomme. C’était à peine moins cher qu’un modèle de luxe de l’année. À croire que beaucoup de particuliers ont cette fâcheuse volonté de pratiquer le commerce comme le font certaines sociétés douteuses, en équilibrant l’offre et la demande sur le dos du client. Je finissais par trouver quelques heures plus tard trois annonces intéressantes. J’avais rendez-vous en fin d’après-midi avec un potentiel vendeur. Lorsque la vieille dame m’ouvrait et que je voyais l’état de la prise qui sortait de l’appareil, je me disais que je n’avais pas à m’offrir le risque de griller à cause d’un court-circuit. La deuxième personne me proposait un appareil qui avait perdu la moitié de ces éléments, mais qui selon elle fonctionnait très bien encore. La troisième, lorsqu’elle le mettait en marche, on aurait cru entendre les anciens robots de cuisine de ma grand-mère. Je décidais de souffrir encore quelque temps de la chaleur, en trouvant quelques astuces naturelles. Je n’ouvrais plus les fenêtres et je laissais en rentrant chez moi quelques minutes mon frigo ouvert. Jamais mon congélateur n’avait contenu autant de glaçons. Je finissais par ne vivre que pour boire des cocktails.